Je devais avoir 13 ou 14 ans.
Un jour, ma mère m’a proposé quelque chose qui, avec le recul, a profondément marqué ma manière de voir l’argent. On a pris un papier, un stylo, et on a listé toutes mes dépenses de l’année à venir : habits, produits d’hygiène, livres, petits plaisirs, argent de poche… On a tout additionné, puis on a divisé par 12.
Elle m’a dit :
« Voilà, tu auras cette somme chaque mois. Tu gères seule, avec ta première carte de retrait. »
Et c’était parti. C’était plus qu’une carte : c’était une responsabilité.
Je me suis vite rendue compte que tout était question de choix. Que ce nouveau jean voulait peut-être dire attendre un mois pour m’acheter ce livre. Que gaspiller signifiait renoncer. Mais surtout, j’ai appris la valeur réelle de l’argent. Non pas en termes de chiffres, mais en termes de temps, d’effort, et de priorités.
Ce que j’ai appris à cet âge-là, c’est que gérer son argent, c’est aussi apprendre à se connaître. Ce qu’on veut vraiment, ce dont on a besoin, ce qui peut attendre.









